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samedi 29 décembre 2012

Cherry Christmas

Cela fait 4 semaines que nous sommes arrivés à la ferme de cerises, située au beau milieu des vallées à quelques kms au Nord d’Adélaïde. Elle appartient à un jeune couple d’Australien, David et Elise, qui ont décidé d’acheter ces terres il y a 7 ans afin d’y planter des cerisiers, activité principale de la région, ainsi que des citronniers et des pruniers.


Le soir de notre arrivée, nous avons été accueillis par 2 couples de backpackers qui ont commencé 3 semaines plus tôt. Les présentations faites, ils nous ont expliqué le fonctionnement du taff, les horaires, le pointage pour la paie, … Puis, 2 autres couples revenant de la plage sont venus nous saluer à leur tour. Au total, 10 backpackers français prêt à bosser dans la joie et la bonne humeur ! 


Nous étions de vieux routards face aux jeunes fraichement arrivés d’il y a 1 mois. Leur objectif était le même : bosser le plus tôt possible afin de se mettre un p’tit pactole de côté avant la conquête de l’Australie. Durant le séjour à la ferme, ils m’ont demandé des conseils pour la route, les endroits à ne pas louper, … Je me suis donc improvisé prof où ils venaient le soir avec leur plan de l’Australie pour y noter les infos utiles. C’est ça aussi l’esprit backapcker : échanger les bons tuyaux !

Pour notre premier jour, nous avons commencé à 8h du mat’. Nous nous sommes levés 1h plus tôt afin de prendre un bon petit déj’, nos repères et surtout, ne pas arriver en retard le premier jour ! Nous nous sommes rassemblés devant l’entrepôt, et hop, tous dans le 4x4 du boss direction les vergers de cerise pour la première journée de picking. A 10 dans ou à l’arrière du 4x4, je peux vous dire qu’il vaut mieux bien s’accrocher, surtout vu la pente ! Une fois au sommet, alors que le chef nous expliquait quelles rangées d’arbres sont à cueillir, Titia et moi étions en admiration devant la beauté du paysage. Les premiers rayons du soleil éclairaient la vallée face à nous dévoilant les différentes teintes de vert, la ferme avec les 5 vans qui nous paraissaient si petits vu d’ici et la ville d’Adélaïde au loin, qui pointait son nez sur la gauche, nichée entre deux vallées. Wahouuu !!! Nous avons eu la même pensée au même moment : quelle chance d’avoir décroché ce job !



Le boulot était le même chaque jour, David, notre chef, nous amenait dans le verger et nous montrait quelles rangées étaient à « picker ». Il y avait une dizaine de variétés de cerises différentes et elles ne mûrissaient pas au même moment et heureusement ! La météo était le facteur le plus important dans la croissance des cerises et c’est elle qui nous faisait lever tôt ou non selon la chaleur. Le picking n’était pas notre seule activité, nous faisions également du packing. Le packing consistait à trier et mettre en boîte les cerises cueillies. Généralement, le ratio était de 2 à 3 jours de picking pour ½ journée de packing. Nous faisions environs 40h/semaine. Ce qui est loin des 80h de notre ancien taff, mais ce n’était pas plus mal, ça nous laissait le temps d’en profiter un peu plus.


Une très bonne ambiance régnait au sein du groupe malgré des affinités plus prononcées avec certaines personnes. Ce qui était bien dans ce boulot, c’est que nous étions souvent en groupe pour cueillir, nous pouvions donc papoter, échanger, raconter des conneries,… Les heures passaient sans s’en rendre compte ! Après la journée de taff, nous avions pris l’habitude de boire une mousse ou deux, de faire un billard, de jouer aux fléchettes ou au foot, puis de manger tous ensemble dans le hangar. La belle vie quoi ! Le dimanche après-midi, qui était notre demi-journée de repos, ou pendant les jours libres, nous allions ensemble en ville, au resto, à la plage, à la piscine, pique-niquer dans un parc,… Tant de bons moments qui resteront gravés dans nos mémoires.


Logiquement, nous devions bosser jusque Noël. Mais la météo en a décidé autrement et les cerises ont mûri plus vite que prévues. Au final, nous avons terminé une semaine plus tôt… Un barbec/bière fût organisé par les patrons pour fêter le dernier jour et la fin de la récolte. A une semaine de Noël, que nous voulions passer à Adélaïde, nous ne pouvions pas rester là à ne rien faire. Nous avons donc rappelé Naomi, la voisine de nos amis retraités de Cherryville qui nous avaient mis en contact avec elle avant de travailler à la ferme. Elle avait 2 jours de boulot pour nous dans son jardin. Pourquoi pas !

Elle nous avait donné rendez-vous à 8h du mat’ devant chez elle pour commencer. C’est là que nous avons appris que Naomi était botaniste, qu’elle donnait des cours dans une université d’Adélaïde et qu’elle s’occupait d’entretenir sa propriété qui faisait partie d’une réserve naturelle de 40 ha. Notre boulot consistait à enlever les mauvaises herbes afin d’empêcher la prolifération de ces dernières et de pouvoir laisser se propager les végétaux typiques de cette région dans le but de protéger la faune sauvage. Car selon elle, si on ne fait rien, 50% des espèces d’oiseaux de cette région disparaîtront d’ici les 10 prochaines années…

Elle nous laissait seul la journée, au beau milieu des bois, à déraciner tant bien que mal les mauvaises herbes pendant 7h. Je peux vous dire que notre dos en a pris un coup ! Naomi a acheté 10 lamas afin de l’aider à tondre. Ça nous a un peu surpris la première fois que nous nous sommes retrouvés nez à nez avec eux mais fort heureusement, nous ne nous sommes pas fait cracher dessus ^^


A la fin de notre première journée, sur le chemin du retour vers la maison de Naomi, nous sommes tombés sur Jon et Evelyn, nos amis retraités, qui nous ont invités à venir dîner chez eux le soir même. Enfin… plutôt à prendre le thé. Nous n’avions pas trop compris au début, pourquoi prendre le thé à 20h… ??? Mais bon, c’est peut-être comme ça ici. Et c’est seulement après que nous avons compris que pour eux, le dîner peut aussi se dire le thé !!! Et quel dîner ! Nous nous serions crus dans un dîner presque parfais, les assiettes étaient très bien préparées et bien copieuses, accompagnées d’un bon vin rouge, quel délice ! En dessert, une bonne tarte aux pommes faite maison. Nous avons passé le reste de la soirée à parler de voyage et d’aventure. C’est de cette manière que nous nous sommes quittés, pour la dernière fois cette fois-ci… Main nous tâcherons de garder contact par email.


Le jour suivant, qui était notre dernier jour de taff, et oui 2 jours ça passe vite, nous avons passé la soirée chez Naomi à discuter de choses et d’autres et à parler français ! Elle apprend notre langue avec un ami à elle. Nous lui avons donc appris 2/3 trucs et traduit quelques phrases.

Le soir même, nous sommes repassés à la ferme de cerises pour dire aurevoir à David et Elise ainsi qu’à leurs 5 enfants, tous des garçons, dont un 6ème en préparation. Ils nous ont annoncé qu’ils aimeraient que nous restions ici pour fêter Noël avec eux et leurs familles. Nous avons accepté direct !!! Quelle chance que de pouvoir fêter cet évènement avec une famille australienne ! Un autre couple de backpacker était également de la partie.

En ce qui concerne le réveillon, nous l’avons passé dans le hangar à la ferme en compagnie de 2 couples de français avec qui nous avions bossé. Nous avons gardé les traditions en mangeant des fruits de mer. Mais impossible d’acheter leurs huîtres. Ici, ils retirent le jus de l’huître avant de les vendre. Elles sont noires et desséchées… Pas envie d’être malade pour le lendemain ! Nous avons pinté tout en nous remémorant les bons moments passés ici.


Le jour de Noël, 35°C et grand soleil. Ok, nous ne sommes pas chez nous ! Tenue légère pour tout le monde. Nous étions une 20aine autour de la table. En entrée, tout comme en France, nous avons eu droit aux fameuses huîtres…très très bonnes !!! Bonne surprise vu leurs têtes ! Le plat principal fût du Turkey, qui est une espèce de dindon à tête rouge et jaune vivant dans les forêts tropicales de la côte est. Ça ressemble beaucoup à du poulet ! Et en dessert, différents gâteaux, tartes et meringues.


Bonne ambiance à table et obligation de ne parler qu’en anglais !!! Ce fût très intéressant de discuter avec le beau-frère d’Elise qui est policier et qui m’a expliqué leur fonctionnement en Australie et le rapport avec les aborigènes. Titia, de son côté, passait le plus clair de son temps avec les 2 derniers enfants des patrons, de 2 et 4 ans. La journée fût bien arrosée et courte : 12h – 19h. Ce ne fût pas plus mal, car nous devions nous lever tôt le lendemain pour aller chercher notre pote français, Luc alias Courche, chez sa sœur qui vît près d’Adélaïde afin de rejoindre Sydney en 3 jours pour y intercepter mon frère et nos amis pour un trip de 2 semaines.

C’est donc sous les rires et les larmes que nous avons dit aurevoir à cette belle région et surtout à ses gens si accueillants, qui nous ont dévoilé une autre facette de cette belle et grande Australie. Du fond du cœur, merci pour tout !!!

dimanche 9 décembre 2012

Jeunes backpackers cherchent du taff

Nous voici entrés dans notre 8ème et dernier territoire australien : l’ « Australie du Sud ». État le plus sec du continent le plus aride. 80% de la population de ce territoire vit à Adélaïde, située près de la côte, afin de ne pas être étouffée par les grosses chaleurs et les mouches de l’outback, qui occupe plus de 75% de l’Australie du Sud. Mais je peux vous garantir que même à Adélaïde, mieux vaut être équipé de shorts, marcels et tongs !

Comme le rappel notre titre, nous sommes surtout ici pour trouver du travail ! Et apparemment, ce serait le territoire le moins visité du pays par les backpackers, donc si on veut se faire de l’argent, c’est ici ! 

Quelques semaines auparavant, alors que nous étions encore en Tasmanie, nous avions envoyé un e-mail à notre ancien boss afin de savoir s’il n’avait pas des contacts dans la région histoire de ne pas se taper du porte à porte auprès de toutes les sociétés tel des vendeurs de tapis… Par chance, un de ses amis qui gère une société de location de véhicules sur Adélaïde aurait peut-être quelque chose pour nous. Comme quoi c’est toujours bon de faire marcher son relationnel ! ^^ Pas de temps à perdre, nous nous sommes rendus directement sur place après avoir passé un coup de fil histoire de se fixer un RDV. Nous avons été reçus par la femme du boss qui nous a clairement dit qu’elle n’avait rien pour nous et nous a donné quelques pistes pas vraiment intéressantes… A quoi bon nous faire venir alors !

Un peu déçu, nous n’avons pas baissé les bras pour autant et avons fait le tour de 2 agences d’interim avant de s’apercevoir que nous perdions notre temps, car les contrats proposés sont pour la plupart de longues durées et demandent des connaissances précises… Bref, une journée pas vraiment motivante !

En toute fin d’après-midi, nous nous sommes dits : « pourquoi ne pas faire le tour des fermes agricoles aux alentours d’Adélaïde ?! ». Car il faut savoir que le territoire de l’Australie du Sud est très connu pour ses terres viticoles qui entourent la ville principale. Dès que vous sortez de la ville, dans n’importe quelle direction, vous êtes obligés d’empreinter les routes sinueuses des plaines environnantes. Nous recherchions un job de quelques semaines, donc rien de tel que du « fruit picking » (= cueillette de fruits), qui est le boulot parfait pour un backpacker : pas besoin d’expérience, salaire correct (en général), on quitte le job quand on veut et le plus important, la bonne ambiance ! 

A peine avoir quitté la capitale en direction du Nord, nous voici sur une route en zig-zag et montante. Quelques kms plus loin, un panneau avec une cerise indique la première ferme à 200m sur la gauche, et vu les tournant, mieux vaut être vigilant. Car oui, au-delà de ses vignobles, cette région est aussi connue pour ses cerises ! Pas de bol, le papy proprio nous dit que son équipe est complète. Avant de reprendre la route pour la prochaine, il nous donne gentiment une carte des alentours avec les fermes à cerises indiquées dessus et nous conseil d’aller plus loin, car selon lui, toutes les fermes du coin ont leurs effectifs !

Une dizaine de bornes plus loin, nous avons bifurqué pour la micro-ville de « Cherryville » (= ville de la cerise). Nous nous sommes dit, vu son nom, pourquoi ne pas y faire un tour ! Chemin de terre, pente très raide, aucuns panneaux et soleil qui se couche… Bon, ça c’est fait ! Après avoir fait le tour de la ville en quête d’une société de cerises, nous avons fini par taper à la porte de la première maison venue pour avoir plus d’info. Elle appartenait à un couple de jeunes retraités, Evelyn et John, qui nous ont gentiment invités à prendre le thé malgré l’heure tardive. Nous leur avons expliqué notre voyage et le pourquoi de notre venue dans leur petite ville. Le courant est tout de suite bien passé entre nous et ils nous ont invités à manger chez eux, à utiliser leurs salles de bain et à dormir dans le jardin, avec notre van évidemment ! Pour le diner, John nous a proposé une bonne bouteille de vin rouge de la région, que nous aurions refusé sous aucun prétexte ! ^^


Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés sous les notes de piano de John. Nous avons pu nous rendre compte de la beauté et de la taille impressionnante de son jardin, situé en plein cœur d’une vallée, qui descendait plusieurs centaines de mètres plus bas vers une rivière. Car oui, on n’y voit pas grand-chose à 23h… Après un bon petit-déj’, nous avons dit aurevoir aux anciens qui nous ont serrés dans leurs bras comme si nous étions leurs petits-enfants (instant émotion), et avons pris la direction d’une ferme de cerise conseillée par John à 5kms de là

Une fois arrivée à la ferme, nous avons tout de suite remarqué les 4 vans de backpackers garés à quelques mètres de là. Mince, nous ne sommes pas les premiers… Mais il fallait sans douter ! Les propriétaires nous ont montré une liste composée d’une trentaine de numéro de téléphone appartenant à des backpackers en recherchent d’emploi tout comme nous… Ça s’annonçait pas terrible… Nous y avons ajouté le nôtre avec peu d’espoir. Nous avons continué vers la ferme suivante où nous nous sommes fait également refouler. Et là, par un éclair de génie, nous nous sommes dits : « pourquoi ne pas retourner à la précédente ferme et leur dire que nous sommes vraiment motivés et quitte à attendre un peu, nous pourrions visiter les environs en attendant vu que nous avons le temps ! ». BINGO !!! Ils nous ont proposé de revenir dans 5 jours pour commencer. Comme quoi, parfois il faut y aller au culot ! En tout cas, nous n’avons pas trop galéré pour le trouver celui-là !

Nous voilà assurés de bosser début de semaine prochaine et nous avions 5 jours à tuer, que demander de plus ! Nous sommes illico retournés voir nos amis retraités pour leur annoncer la bonne nouvelle et les remercier du filon. Ils nous ont dit de passer dès que nous aurions du temps libre. Ne sont-ils pas adorables !?

Alors que nous prenions la route vers les « Flinders Ranges », un parc national  à 400 kms au Nord, nous commencions à mourir de chaud malgré les fenêtres ouvertes. Nous nous sommes arrêtés à 60 kms d’Adélaïde pour manger sur une aire d’autoroute. Impossible de rester dehors vu les mouches, mais impossible de manger à l’intérieur vu la chaleur… Nous avons réfléchi et nous sommes demandés si ce parc en valait vraiment le coup. Vu la distance et les conditions climatiques, nous avions plutôt envie de se poser sur la plage et de se détendre avant de bosser. Hop, demi-tour, (oui je sais c’est ridicule nous aurions pu réfléchir plus tôt ^^), et là, coup de fil de la femme du boss de la société où nous nous étions rendu 2 jours plus tôt. Vous vous y retrouvés ? C’est bon ??? Elle nous a proposé du boulot dans son entreprise pour 3 jours. Avons-nous accepté ? Bien sûr que oui ! Nous sommes ici avant tout pour bosser ! Le lézardage sur la plage sera pour plus tard ! Le boulot consistait à nettoyer des voitures, un bus, la cuisine, les toilettes, … Femme/homme de ménage en gros ! Toute expérience est bonne à prendre. Et la tune aussi au passage.


Ils nous restaient donc un week-end de libre avant d’attaquer la cueillette de cerise. Nous en avons profité pour visiter Adélaïde.


Nous avons commencé par son fameux marché, le « Central Market », qui est en partie composé de stands de fruits et légumes. Pas très intéressant dit comme ça, mais il est vraiment beau et dégage une atmosphère bien particulière. 


Ce marché débouche sur une rue passante en plein milieu de « Chinatown », le quartier chinois. Nous étions nez à nez avec un genre de flunch « made in Asia », où tous les pays asiatiques étaient représentés par un restaurant : Thaïlande, Cambodge, Indonésie, Chine, Japon, … le tout, à volonté ! Nous avons opté pour la Chine, où la qualité et la quantité étaient à l’honneur. D’ailleurs la serveuse m’a même proposé de me servir jusqu’à ce que mon assiette déborde, et si je n’arrivais pas à la terminer, elle me mettrait le reste dans un « doggy bag » (=Tupperware) pour le lendemain. C’est pas la classe ce restaurant ! Le tout, pour la modique somme de 6$ !!! Vu la plâtrée, nous nous sommes pris une assiette pour 2.


Une fois rassasié, nous avons déambulé dans les rues commerçantes décorées de guirlandes, de boules et de pères noël. Cela nous a rappelé que nous étions proches de Noël. Car vu le grand soleil et les températures frôlant les 40°C, nous avions bien du mal à y croire… En tout cas ce qui est sûr, c’est que ça a beaucoup moins de charme que chez nous. Sans neige et sans doudoune, ça n’a pas vraiment la même magie…


En fin d’aprèm’ du dimanche 25 novembre, nous avons rejoint la ferme à cerise pour nous installer, rencontrer nos futurs collègues et nous préparer à cueillir dès le matin suivant.